S'il fallait une phrase pour définir cet artiste véritablement hors du commun, sans doute serait-elle celle-ci: Carpe diem. La vie est courte, vivons la pleinement m'explique-t-il passioné.. Pour lui, cela signifie un changement radical d'environnement.
En 1999, il choisi de se frotter à New York. Une ville dans laquelle Stéphane Ducret se sent bien, créatif. Et puis vient le 11 septembre 2001. « L'horreur! J'occupais un loft, en colocation, avec vue sur le World Trade Center. Je travaillais à mon bureau quand le premier avion s'est écrasé. j'ai bien senti l'onde de choc mais j'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un camion qui passait dans la rue. Et puis un ami m'a appelé en me demandant de contacter sa famille pour lui dire qu'il était bien vivant. Je suis allé à la fenêtre et là, j'ai vu le trou géant dans la tour... »
La nécessité de quitter New York lui aparaît alors comme une évidence. Le Lausannois s'installe un an à Porto, puis dépose ses valise à Genève en 2002. Une année plus tard, il décroche la préstigieuse bourse de la fondation Leenaards. Ce prix n'entame en rien la conviction de l'artiste, désormais installé à Buenos Aires. Mais ce qu'il veut d'abord c'est créer, faire de l'art avant tout, peu importe le moyen d'y arriver! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa démarche pour y parvenir est des plus originale. Il m'explique pendant cet entretien, de la manière la plus évidente qu'il soit, son choix de remplacer les crayons et les pinceaux par l'ordinateur.
C'est ainsi qu'il se réaproprier numériquement de célèbres oeuvres, telles la Joconde, les Ménines de Velasquez ou encore le Bucheron de Hodler. Il les pixélise, c'est à dire qu'il les réduit à des effets de damiers colorés illisibles de tout près, mais parfaitement reconnaissables à distance. La touche de l'artiste est remplacée par les manipulations digitales, les détails sont gommés. L'effet visé est une sorte de photographie non seulement de l'oeuvre mais aussi du regard hâtif et superficiel que lui porte notre société du 3ème millénaire. Une manière de dénoncer un monde où tout va trop vite. Jusqu'à en oublier de contempler les détails dans les oeuvres d'art... Réussi!
Aujourd'hui l'artiste me dit faire des diamants .. sur du bois! Voilà de quoi susciter ma curiosité. C'est sur de la musique électronique, électro-pop que le virtuose trouve son inspiration . Il utilise des planches aussi plates que possible, en enlève la résine pour développer ainsi une abstraction géométrique fluide, évoquant la propagande médiatique mise au pilori par Michel Onfray . Le résultat : des cristaux modifiés, perturbés, retravaillés..il pérvertit la perfection du diamant, et en fait un travail vivant, sexy. Il se veut porteur d'un message, celui d'un possible bonheur sur terre, ici et maintenant, et non pas dans un autre monde idéalisé.
Il me dit que quoi qu'il arrive, il n'aura ni regrets ni doutes, il fait ce qu'il aime, vivant pleinement son art; sa vie telle qu'il l'a toujours rêvée. il ajoute que jusqu'ici, c'est un pari réussi dont il est fier.. Souhaitons lui encore de nombreuses occasions de se réjouir de son succès....
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